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Les indicateurs

La boîte à outils de suivi des zones humides du bassin Rhône-Méditerranée contient 13 indicateurs opérationnels pour effectuer des suivis de l’état des zones humides et des pressions exercées sur ces milieux.
Il s’agit d’un outil :

  • Pragmatique et opérationnel : les indicateurs, les protocoles et les interprétations présentés dans ce document ont tous été testés et validés sur le terrain par les partenaires du programme sur un panel de 200 sites tests ;
  • Utilisable par diverses structures et personnes en fonction de leurs compétences (SIG, chimie, biologie…) ;
  • Autorisant une analyse de l’évolution des zones humides à différentes échelles (site, réseau de sites, bassin versant, département, région, bassin Rhône-Méditerranée).
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Tableau de synthèse des indicateurs

Le tableau ci-dessous présente les 13 indicateurs de suivi de l’évolution des zones humides du bassin Rhône-Méditerranée validés dans le cadre du programme RhoMéO.
Pour chaque indicateur est précisé :

  • son domaine de validité (liste des sous-types SDAGE où il est applicable)
  • les fonctions (hydrologiques, bio-géochimiques, biologiques) ou les pressions (artificialisation, pratiques agricoles) pour lesquelles il est adapté
  • une gamme de coûts pour sa mise en œuvre intégrant le matériel (colonne N0) ainsi que le temps de collecte et d’analyse (colonne N1)
  • les compétences nécessaires (généraliste, qualifié, spécialiste) pour l'acquisition des données (1er colonne) et le calcul de l'indicateur (2ème colonne)

Télécharger les clés d'entrées
Extrait des pages 10 à 17 de la boîte à outils RhoMéO

La typologie RhoMéO des zones humides

La mise en œuvre des protocoles et l’analyse des variations des valeurs indicatrices ne sont pas identiques pour l’ensemble des zones humides du SDAGE. A l’échelle du bassin Rhône-Méditerranée, la typologie SDAGE et ses déclinaisons en type SAGE ont donc été analysés au regard des 200 sites tests du programme RhoMéO pour vérifier leur adéquation avec nos objectifs. Chacun des 13 types SDAGE principaux correspond à une grande diversité de physionomie et de dynamique du milieu et l’établissement d’une typologie plus précise a été nécessaire pour la mise en œuvre des protocoles et l’analyse des données des indicateurs RhoMéO.
Nous proposons donc une adaptation de la typologie SDAGE permettant l’utilisation de la boîte à outils.
Vingt sous-types de zones humides associés aux 13 types SDAGE principaux, sont répertoriés et décrits dans les documents téléchargeables ci-dessous.

Télécharger la typologie Zones Humides
Extrait des pages annexes 248 et 249 de la boîte à outils RhoMéO

I01 : niveau d’humidité du sol - pédologie


L’indicateur définit un niveau d’humidité du sol de la zone humide, en attribuant aux horizons supérieurs du sol une note basée sur le type de trait d’hydromorphie observé. Les différents types de sols hydromorphes sont définis par les critères de l’arrêté de délimitation des zones humides du 1er octobre 2009.

I02 : indice floristique d’engorgement


La présence d’une nappe d’eau dans le sol constitue une contrainte pour les végétaux, contrainte à laquelle les espèces sont plus ou moins tolérantes ou adaptées. Il est donc possible d’évaluer de manière simplifiée l’optimum de chaque espèce vis-à-vis du niveau moyen de la nappe : c’est sa valeur indicatrice. Les végétaux peuvent donc être utilisés pour évaluer le niveau de la nappe à travers un indicateur, que nous appellerons indice de niveau d’engorgement.

I03 : dynamique hydrologique de la nappe - piézomètres


Le fonctionnement hydrologique des zones humides peut être approché par la connaissance de la dynamique de la nappe d’eau dans le sol qui est la résultante de la différence entre les entrées et les sorties d’eau du bilan hydrique à l’échelle du site. Cette dynamique détermine la présence des espèces hygrophiles et des sols hydromorphes. L’indicateur caractérise la distribution des valeurs annuelles de la nappe pour un suivi à moyen et long terme de la dynamique hydrologique par des piézomètres.

I04 : dynamique hydrologique de la nappe - substances humiques


La matière organique du sol (MOS) est un élément clef pour décrire le fonctionnement des zones humides. Alors que la quantité de MOS informe sur les processus d’accumulation et de minéralisation de la matière organique, sa qualité informe sur ses conditions de dégradation. Les substances humiques représentent en moyenne 2/3 de cette matière organique L’évolution de cet indicateur permet donc d’identifier les éventuels basculements fonctionnels, notamment hydrologiques des milieux humides.

I05 : dynamique sédimentaire - orthoptères


L’indicateur définit la dynamique hydrologique de la zone humide à partir des peuplements d’orthoptères et de cicindèles (coléoptères) auxquels s’ajoute un perce-oreille. L’indicateur est un pourcentage correspondant au ratio des valeurs indicatrices de dynamique du milieu entre les espèces observées et les espèces attendues potentielles dans le bassin versant concerné (cours d’eau).

I06 : indice floristique de fertilité du sol


La quantité des nutriments (principalement azote et phosphore) disponibles dans le sol est un facteur important auquel les espèces sont plus ou moins tolérantes ou adaptées. Il est donc possible d’évaluer de manière simplifiée l’optimum de chaque espèce en fonction de la disponibilité des nutriments : c’est sa valeur indicatrice. La richesse “moyenne” en nutriments d’une zone humide, que nous appellerons indice de fertilité du sol, peut être calculée à l’échelle de la placette ou de la zone humide.

I07 : vulnérabilité à l’eutrophisation - phosphore


Le phosphore est un nutriment nécessaire à la croissance des végétaux. Il joue toutefois un rôle majeur dans les processus d’eutrophisation. Si la concentration en phosphore dans les écosystèmes est naturellement très faible, il en va bien autrement dans les zones humides où les apports anthropiques sont à l’origine d’une teneur élevée de ce nutriment. La concentration en phosphore est donc un indicateur de l’importance des apports eutrophisants d’origine anthropique sur les écosystèmes. L’indicateur, correspond au ratio phosphore total (PT) sur carbone organique total (COT) et peut être utilisé d’une part comme un indicateur de vulnérabilité à l’eutrophisation et d’autre part comme un indicateur de suivi des apports anthropiques de phosphore.

I08 : indice de qualité floristique


Chaque espèce végétale développe, par une allocation particulière de ses ressources (racines, parties aériennes, graines), des stratégies lui permettant de faire face à certaines caractéristiques du milieu : perturbations diverses, facteurs limitant la croissance, aptitude à la compétition avec les autres espèces. On peut évaluer la plus ou moins grande aptitude d’une espèce à supporter des perturbations (hydrologique, trophique, …) d’une zone humide par un coefficient, nommé coefficient de conservatisme. L’indice de qualité floristique est un indice dérivé du coefficient de conservatisme, rendant compte à la fois du niveau global d’altération du régime naturel des perturbations auquel un site est soumis et de la richesse de ce site en espèces typiques des zones humides.

I09 : humidité du milieu - orthoptères


L’indicateur définit un degré d’humidité moyenne de la zone humide (humidité stationnelle) au niveau du sol et de la strate herbacée, à partir des peuplements d’orthoptères (criquets, sauterelles et grillons) observés par rapport à une liste d’espèces potentielles. L’indicateur est un pourcentage correspondant au ratio entre une note obtenue en additionnant les valeurs indicatrices d’hygrophilie de chaque espèce observée et celle des espèces potentielles.

I10 : intégrité du peuplement d’odonates


L'indicateur proposé s’appuie sur la comparaison, à l’échelle d’une zone humide, du peuplement odonatologique observé au peuplement attendu. Seules les espèces présentant un fort lien avec les habitats aquatiques présents sont intégrées dans la construction de l’indicateur. L’écart entre les états observés et attendus constitue une estimation du degré d’intégrité du peuplement. L’analyse de l’écologie des taxons manquants ou inattendus permet de formuler des hypothèses quant aux facteurs expliquant cette altération.

I11 : intégrité du peuplement d’amphibiens


Chez les amphibiens, la présence des différentes espèces sur un site n’apporte pas toujours la même indication sur le milieu. Il existe des espèces peu exigeantes quant à la qualité ou au type de milieux qui sont fréquentés ; à l’inverse, il existe des espèces inféodées à quelques types d’habitats, voir un seul. Ce sont sur ces espèces, apportant le plus d’informations sur la zone humide et son fonctionnement (espèces sténoèces), que repose l’indicateur amphibiens. Il vise à comparer un peuplement observé à une liste d’espèces sténoèces de référence (peuplement attendu).

I12 : pression de l’artificialisation


L’indicateur est construit sur l’évolution de la surface artificialisée par les routes et le bâti, dans l’enveloppe du site (zone humide et périphérie immédiate) et à l’échelle du territoire (bassin versant de masse d’eau). Cette valeur est complétée par la proportion de l’artificialisation de type urbain dans l’artificialisation totale. La pression d’artificialisation peut être modélisée à partir de n’importe quelle source de donnée vectorielle représentant le bâti et les réseaux de transport (routes et voies ferrées). C'est la BDTopo de l’IGN, qui couvre l’ensemble du territoire français, qui a ici été utilisée.

I13 : pression de pratiques agricoles


L’indicateur est construit sur la mise en perspective de deux valeurs traduisant la pression des pratiques agricoles directe sur le site et celle, plus diffuse, à l’échelle du territoire. Cette pression est approchée par l’évaluation de la proportion de superficie de certaines pratiques agricoles à l’échelle de la zone humide et à l’échelle du territoire (bassin versant de masse d’eau ou BVMO) dans lequel s’inscrit la zone humide. Pour cela, les données annuelles déclaratives des îlots culturaux, figurant dans le Registre Parcellaire Graphique (RPG), sont utilisées.